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Saint-Guerin

STÜTZPUNKT Va55

La défense de Saint-Guérin

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Implanté sur le littoral de Damgan, le Stützpunkt Va55, anciennement V30, constituait une position fortifiée intégrée au Mur de l'Atlantique. Sa mission était de surveiller les approches maritimes, de défendre les accès vers Damgan et de participer au contrôle de la façade côtière en direction de Penerf et de l'embouchure de la Vilaine.

À partir de 1942, les Allemands renforcent progressivement les défenses côtières. Les ouvrages de campagne sont complétés par des bunkers en béton armé de type Regelbau, conçus pour protéger les hommes et les équipements contre les bombardements et assurer la continuité de la défense.

Les R622 : abriter et protéger la garnison

Le Stützpunkt Va55 s'articulait autour de deux Regelbau R622, des abris destinés au logement et à la protection de la garnison.

Le R622 était un ouvrage permanent en béton armé, conçu pour offrir aux soldats un abri protégé contre les effets des bombardements. Ses espaces intérieurs permettaient d'assurer le repos et la vie quotidienne des occupants, tout en les maintenant à proximité immédiate des positions de combat.

Ces bunkers jouaient un rôle essentiel dans le fonctionnement du point d'appui. Une position fortifiée ne pouvait pas reposer uniquement sur ses canons et ses mitrailleuses : il fallait également pouvoir héberger les hommes, les protéger et leur permettre de rester opérationnels dans la durée.

Les deux R622 formaient ainsi le cœur de la garnison de Saint-Guérin. Ils assuraient la protection du personnel et permettaient au point d'appui de fonctionner même sous la menace des bombardements.

L'un de ces ouvrages a été partiellement détruit à la fin des années 1990, lors de la création du lotissement. Les fondations et une partie des structures enterrées ont toutefois été conservées. Ce vestige rappelle l'importance du béton employé et témoigne de la disparition progressive d'une partie du patrimoine fortifié sous l'effet de l'urbanisation.

Le R625 : un canon protégé au cœur de la position

L'armement principal du Stützpunkt était installé dans un Regelbau R625, un bunker de combat destiné à abriter une pièce antichar Pak de 7,5 cm.

Avant la construction de cet ouvrage, le canon était installé dans une position de tir primaire en bord de côte, à proximité immédiate du littoral. Cette installation ouverte permettait d'engager directement les objectifs terrestres ou maritimes, mais elle exposait également la pièce et ses servants aux bombardements.

La construction du R625 répond à cette nécessité de renforcer la protection de l'armement. Le bunker permettait d'abriter le canon, ses servants et les équipements nécessaires à son fonctionnement dans une structure en béton armé. La pièce pouvait ainsi continuer à participer à la défense de la position tout en bénéficiant d'une protection accrue.

Le R625 fut construit à l'emplacement même de l'ancienne chapelle de Saint-Guérin. Ce lieu de culte fut rasé pour laisser place à la fortification allemande, illustrant les transformations imposées au territoire et au patrimoine local par l'Occupation.

Le Pak de 7,5 cm constituait l'élément central de la défense du point d'appui. Son tir direct permettait de traiter les objectifs terrestres et de participer à l'interdiction des accès vers Damgan. Il complétait les positions de mitrailleuses et les autres ouvrages de combat.

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Les deux MD-Stand : le tir indirect au service de la défense

Deux MD-Stand complétaient le dispositif défensif de Saint-Guérin.

Le terme MD-Stand désigne le Meyer-Delvendahl Stand, un type d'ouvrage conçu à l'automne 1942 par l'Oberst Walter Meyer-Delvendahl. Ces bunkers étaient destinés à recevoir un mortier de 8,14 cm Granatwerfer 34.

Contrairement au canon antichar, qui engageait directement une cible en visant dans son axe, le mortier permettait d'effectuer des tirs en cloche. Ses projectiles pouvaient ainsi atteindre des zones masquées par le relief, des secteurs situés derrière des obstacles ou des espaces hors de vue directe des servants.

Les deux MD-Stand renforçaient donc la défense périphérique du point d'appui. Ils permettaient de couvrir les angles morts et les secteurs que les canons et les mitrailleuses ne pouvaient pas atteindre efficacement.

Les servants du mortier utilisaient les principaux amers du paysage pour orienter leurs tirs. Dans l'un des MD-Stand de Saint-Guérin, des repères tels que l'église de Penerf ou le port, accompagnés de graduations de pointage, témoignent de cette pratique.

Ces indications transformaient l'intérieur du bunker en véritable aide au pointage. Elles permettaient de retrouver rapidement les directions de tir et de limiter les erreurs lors de l'engagement d'un objectif.

Aujourd'hui, ces marquages presque effacés constituent un témoignage rare du quotidien des servants de mortier allemands et de leur connaissance précise du terrain.

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Une position organisée pour répondre à toutes les menaces

Autour des R622, du R625 et des MD-Stand s'étendait un réseau défensif particulièrement dense.

Les Tobrouks assuraient la défense rapprochée et l'observation des abords immédiats. Les positions de mitrailleuses couvraient les espaces entre les ouvrages, tandis que les canons et les mortiers permettaient d'engager les objectifs à différentes distances.

La position comprenait également des garages à canons en tôle ondulée, des emplacements ouverts pour l'artillerie, une position antiaérienne accompagnée de sa soute à munitions et un puits destiné à l'approvisionnement en eau de la garnison.

L'ensemble formait un dispositif combinant hébergement, protection, tir direct, tir indirect, défense rapprochée et protection antiaérienne.

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